[Rétrospective 2011] (4/4) 11 films pour 2011

Bien que ce blog soit en temps normal entièrement consacré à la figurine, j’ai décidé d’y glisser un article sur les meilleurs films vus en salle en 2011. Loin d’avoir vu tout ce qui est sortit, j’ai sélectionné une dizaine d’œuvres qui m’ont passionnées.

11
Black Swan de Darren Aronofsky.

Black Swan dépasse rapidement le simple film de danse et deviens un cinéma psychologique qui rompt peu à peu la frontière entre le réel et la fiction. C’est rythmé, bien joué (les scènes avec Vincent Cassel sont mémorables), mais la mise en scène s’avère parfois trop forcée. À retenir.

10
Arrietty de Hiromasa Yonebayashi.

Jouant admirablement bien avec l’espace et les échelles, le dernier né du studio Ghibli est un conte formaté pour les familles, mais un conte superbement formaté. Loin du manichéisme pourtant si cher aux films d’animation, Arrietty est une évasion esthétique dans la nature, avec la nature. On appelle ça un rêve éveillé.

9
127 heures de Danny Boyle.

127 heures est un voyage dans les grottes de l’Utah, que Danny Boyle filme si bien qu’il en manifeste le désir, et un voyage en nous, le réalisateur introduisant des scènes nous rappelant que nous sommes d’éternels consommateurs (Coincé au fond d’un canyon, l’aventurier rêve d’un Coca Cola, d’une boisson rafraîchissante). Le film arrive à nous fait comprendre à quel point l’alimentation sucrée est devenue aujourd’hui une véritable dépendance. Pas aussi fort que Trainspotting, mais un spectacle qui sait remettre les choses en question.

8
Les Marches du Pouvoir de George Clooney.

Les Marches du Pouvoir est un jolie doigt d’honneur à l’ironie de nos politiciens. Suivant la campagne des primaires démocrates aux États-Unis, le film maintient une tension qui n’atteint peut être jamais des sommets, mais qui sait se maintenir et susciter de l’intérêt. La politique est présentée comme un univers totalement déconnecté du monde, jouissant de ses privilèges et ne travaillant même pas à l’organisation de la cité. À voir pour se convaincre de ne pas jouer le paillasson admiratif dans quelques mois.

7
Les aventures de Tintin de Steven Spielberg.

Le film s’enchaîne très vite et ne marque pas durablement les esprits, mais le rire est si bien calculé et l’image si impressionnante qu’il était de mon devoir de saluer cette adaptation de la célèbre bande dessinée. On revisite notre enfance et tombons à nouveau sous le charme des Dupont et Dupond.

6
Never Let Me go de Mark Romanek.


Never Let Me Go est un film étonnant. L’histoire se déroule dans le passé, les années 60, mais c’est de la science fiction, des individus étant clonés et élevés à l’écart du monde pour remplacer un jour les organes de leurs propriétaires. La trame est semblable à celle de The Island, mais là où le film de Michael Bay passe par l’action pour se rendre intéressant, Never Let Me Go se suffit aux mots. Les dialogues révèlent peu à peu des personnalités, et le comportement des individus joue presque avec nos nerfs (ils sont involontairement  passifs), à l’instar d’un Vol au dessus de nid de coucou. Une bombe intellectuelle à voir pour se rappeler le roman culte d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes.

5
Drive de Nicolas Winding Refn.

Jamais je n’avais vu un film avec des musiques aussi bien introduites. Et la qualité de la mise en scène et l’expression dégagée par les personnages nous tient en haleine tout au long de la projection. C’est beau, et je crois qu’il n’y a rien d’autre à dire.

4
The Tree of Life de Terrence Malick.

Malick donne un cours de métaphysique, et comme tout cours de métaphysique, c’est abstrait, et même beaucoup  trop par moments. Mais rien que pour les scènes filmant la famille et les relations père / fils, il mérite d’être cité comme l’un des meilleurs films de l’année. La puissance inouïe de sa mise en scène délivre des prestations hallucinantes, que ce soit chez les enfants ou les adultes (particulièrement Brad Pitt). On est convoqués face à la réalité, on est à la fois sujet et cobaye d’une mise en scène jamais vue auparavant. Si tout le film était comme ça, j’aurai crié au chef d’œuvre.

3
J’ai rencontré le Diable de Kim Jee-woon

Le vraie cinéma, c’est le cinéma qui s’émancipe des codes moraux. Kim Jee-woon l’a bien compris avec J’ai rencontré le Diable, film retraçant une vengeance particulièrement cruelle. Le réalisateur n’est pas là pour juger des actes, mais pour présenter sous un jour nouveau des hommes particulièrement durs. On est mis à l’épreuve face à une violence crue et authentique, qui n’est pas sans rappeler celle de Casino de Martin Scorcese.  La sensation de malaise est omniprésente et on ne sait même plus si on a assisté à un Thriller ou à un film d’horreur.

2
Melancholia de Lars von Trier

Melancholia, c’est du vrai cinéma énigmatique. On suit un mariage raté célébré sous des sourires forcés, on se passionne pour cette héroïne et la psychologie totalement incompréhensible, on assiste à une fin du monde si magnifique qu’on arrive à la souhaiter. Melancholia est un film qui dérange, qui nous met à rude épreuve devant tant de douleur et de beauté.

1
Le Cheval de Turin de Bela Tarr

Le Cheval de Turin est un film de 2h30 en  noir et blanc. Sur le papier ça fait peur, mais dans la salle c’est toute autre chose. En situant son histoire dans une maison de campagne, en filmant des personnages qui ne font pas grand chose de leur vie, en filmant une nature agitée, le cinéaste donne un cours sur l’individu, il s’écarte du quotidien pour mieux l’illustrer. On comprend que  même si on  essaye de combler le temps avec nos activités modernes, nos vies restent  aussi ennuyeuses que celles des personnages de l’histoire. Le cinéma devient miroir et sous l’image d’un désespoir se dissimule une petite lueur dans nos cœurs, le plaisir d’avoir vu la lumière en face, d’avoir compris quelque chose. Le Cheval de Turin est un formidable objet d’art, le meilleur cours de philosophie auquel on puisse assister, le juste milieu entre ce que souhaite introduire le cinéaste, et ce que nous apprenons par nous même. À la fin de la séance, je n’étais pas seul à ne plus pouvoir marcher.

 

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À propos de Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.