Un Parcours
Déçu de ne pas être parvenu à organiser pour l’été une vraie et longue excursion, qui demande de s’isoler pendant longtemps de tout le confort de l’homme, je m’étais lancé fin juin un défi sur le Parcours Félix Batier. Difficilement qualifiable de sentier, tellement il est escarpé, ce parcours qui rejoins Dijon à Nuits Saint Georges traverse pas moins de 16 combes. De nombreux passages d’escalade facile viennent définir un chemin à l’esprit alpin. On passe de luxuriantes forêts à des zones rocheuses dans une nature incroyablement généreuse. Quel bonheur pour les amoureux de la montagne !
Ce parcours d’environ 50 km se traverse généralement en deux bonnes journées, en campant le soir dans la Combe Lavaux (Gevrey Chambertin). Arrivé à Nuits Saint Georges, on a souvent mal aux pattes, car ce chemin escarpé a la particularité d’enchaîner de courtes mais nombreuses montées et descentes raides. Quel défi ai-je alors voulu lancer ?
Celui de le traverser d’une traite, en mettant le moins de temps possible. En alternant la course à pied avec la marche rapide, pour essayer d’y mettre moins de 9 heures (temps très approximatif). Le plus dur étant d’enchaîner les deux longueurs. La date de réalisation de ce défi étant programmé pour ce mercredi, je vais présenter aujourd’hui les motivations et les sensations vécues pendant l’entraînement.
Causes & motivations
Si je prends plaisir à courir régulièrement depuis bientôt trois ans, c’est davantage l’exploration de la nature et de la ville qui m’intéresse. Tout le monde aujourd’hui court, pour garder la ligne et s’adapter aux regards des autres, et parfois même avec un gros téléphone sur le bras. Tout le monde s’impose un sentier qu’il répétera sans jamais en changer l’itinéraire. Même en Montagne, le Trail ne suscite que chez très peu de coureurs l’usage de l’imagination. Ainsi c’est davantage pour aller faire du Parkour, grimper, crapahuter en « hors piste » au milieu des forêts et des collines, descendre des pentes de pierres raides que j’emploie mes jambes. Et les vertus de la course à pied sont très bénéfiques pour une pratique sportive et contemplative de la Montagne. Alors pourquoi se lancer un défi qui prime autant sur la vitesse et si peu sur la créativité ?
Avec les fortes chaleurs d’été, les combes grouillent de vipères, et la pratique du «hors piste» pour aller découvrir de petites montagnes est assez suicidaire. Ainsi il fallait trouver quelque chose d’important à faire, et qui suive une certaine route. C’est aussi l’envie de réaliser une idée venue il y a un an, et de ne pas là laisser comme beaucoup d’autres s’évaporer avec le temps. Et enfin, c’est d’essayer de comprendre les notions d’entraînement poussés et réguliers pratiqués par les athlètes que j’admire, sans non plus vouloir les imiter. En bref, de mettre son corps et son esprit à rude épreuve, de profiter des conditions d’été pour progresser vivement. Le défi doit permettre de continuer à se connaître, de voir comment un entourage réagit, de ne pas se laisser surprendre par le temps.
Organiser l’entraînement
La nécessité d’un plan d’entraînement s’est alors vite imposée. Un calendrier nous préviens des sur-entraînements et des moments de relâche. Dès le départ on comprend qu’il sera impossible de le suivre à la lettre (et heureusement pour notre existence:)) mais il faut essayer de le respecter et de le modifier de juste manière. J’ai pris beaucoup de documentation sur les fréquences et choisis de poser des semaines d’ environ 10 heures d’activité, alternant de la montée raide d’escaliers avec de longues séances dans les bois, et un peu d’escalade pour se détendre. Je n’ai jamais compté le travail accumulé en une semaine, mais il est resté autour de la base horaire prévue. Le plus intéressant étant d’enchaîner avec les marches en montagnes, moins intenses mais plus exigeantes sur la durée.
Un défi peut en cacher un autre
Un défi pouvant en entraîner un autre, je m’en suis lancé un nouveau lors du séjour à Collioure, visant à atteindre le fort St-Elme depuis le musée d’art moderne avec le plus petit chrono possible. Ce fut un très beau lieu d’entraînement et j’ai du finalement y monter une bonne dizaine de fois, pour au final y arriver en 7min. 20s. 06. Courte durée, mais effort très intense avec une bonne centaine de marches dès le départ. J’encourage tous ceux qui ont des défis en cours de se donner des mini objectifs pour persévérer dans leur travail. Un défi permet ainsi de bien mesurer ses faiblesses, notre comportement vis à vis de l’effort, la pression que nous nous mettons. Pour celle ci, il ne faut pas l’exagérer, mais en garder une pincette indispensable. Courir sous le climat méditerranéen fut un excellent moyen d’apprendre à lutter contre la chaleur, mais le plus agréable fut de longer les rives.
Résultats Psychiques
C’est en cette fin août que je me sens prêt pour tenter l’enchaînement du Batier. Je ressors de ces deux mois d’entraînement plus « costaud » mentalement, et surtout plein de sensations. Mais la clarté que j’en ressors me fait mieux saisir l’importance d’échapper à la conformité. Car lors de l’arrivée à la Tournette il y a deux semaines, une montagne magnifique, tout le monde, et surtout des coureurs qui se disent montagnards, empruntaient le même voie d’accès, un chemin accessible à la plupart des randonneurs. S’élever dans le ciel pour être entouré de ce que nous voyons tous les jours a quelque chose de douloureux. Accompagnant des amis, nous avons suivi le sentier traditionnel, mais la nature me démangeait. Pourquoi ne pas choisir une nouvelle voie d’accès, sans doute plus longue certes, mais plus intense, où nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir arriver en haut ? Car le doute et la tentative sont plus exaltants que la victoire du sommet. Ainsi à tous ces coureurs de montagnes qui prétendent accomplir le beau, regardez un peu ce que vous loupez : La nature dans son ensemble.
Je vous laisse avec quelques photos du sentier. Désolé à tous ceux qui lisent le blog et qui ne voulaient pas tomber sur un récit à la première personne sur un thème qu’ils n’apprécient pas forcément. Si certains ont aimé, je vous dis à jeudi pour la deuxième partie de l’aventure :)
Parcours Félix Batier
Côte d’Or (21000)
Dijon – Nuits Saint Georges
≈ 2000 m de Dénivelé positif
≈ 2000 m de Dénivelé négatif
• 51km














Yo!
Un sacré défi que tu t’ es donné là, j’ espère que ça c’ est bien passé j’ attends la suite avec impatience :)
C’ est vraiment chouette de sortir de l’ ordinaire pour se fixer un objectif et s’ entraîner de manière constante pour y arriver, en plus si ça permet de découvrir et de passer par des chemins non tracés.
A toute !
Salut Pierre, merci pour le comm.
En fait dans l’article, en dehors de l’explication des raisons du défi, je voulais montrer les limites de ce défi, qui ne vas pas chercher quelque chose de purement impossible. Je ne trouve pas mon défi très créatif, même si j’en apprécie beaucoup le challenge, je pense qu’il y a dans la nature des choses plus profondes encore à faire. Il passe par des chemins tracés ;)
En tout cas ca c’est bien passé, je devrai publier rapidement la suite de l’article.
Hello !
Content que ça se soit bien passé :)
Ca a l’air très beau, mais super dur aussi ! 50km en une seule journée, je dis chapeau !
Tu m’as donné envie de me faire un parcours a vélo !
Je fais tout le temps des chemins aléatoires (je décide où je vais a chaque tournant)mais rarement plus de 10 km, c’est au final pas super physique malgré les nombreuses côtes de ma campagne et de plus j’essaye de ne pas trop m’écarter non plus des chemins que je connais.
Je vais poursuivre l’entrainement et me définir un parcours sympa !
Donc merci a toi :)
Repose toi bien ^^
Merci David :)
Heureux d’avoir donné une idée !
C’est génial de faire ainsi du vélo, tu te laisse guider par ton instinct, tu apprécie le monde tel qui se présente, plein d’inconnu et de surprises.
Le vélo, mine de rien, ça peut souvent être du bonheur l’état pur.
Au plaisir de découvrir ton futur parcours :)
En effet le vélo, c’est tellement bien, ce ballader aux millieux des vignes, parfois des habitations et sinon près des forêts, au grès des chemins ou non, se laisser guider par l’instinct comme tu dis, c’est vraiment très agréable !
Mais pour le parcours, pas pour tout de suite, faut d’abord s’entrainer ^^
Peut être faire un Cadillac-Bordeaux (environ 50km) mais pas en suivant les grandes routes mais plutot les bords de Garonne !
Faire du vélo, c’est échapper à la gravité, éviter les pas qui sont, comme le dit edgar allan poe, toujours l’image d’une chute suivie d’un redressement. En vélo on deviens presque libéré de son poids, on survole légèrement la terre.
Excellent si tu peut suivre les bords de garonne ! Essaie d’organiser quelques sorties de repérages pendant les prochaines petites vacs, et petit à petit tu pourras réalsier ton parcours :)
Yep, les bords de garonne c’est magnifique, je pense que si je le fais ce sera au printemps ou a l’été prochain, donc j’aurais le temps pour pas mal de repérages ;)
Chouette, prends plaisir à longer les rives, la nature est ce qu’on doit vivre par priorité.