Pour changer de registre, voici un petit article sur la peinture. L’utilisant régulièrement, il m’a semblé important de se pencher sur sa conception pour en apprendre un peu plus sur ce formidable outil.
La Constitution d’une peinture
Les Liants
Une peinture est caractérisée par sa couleur, et sa couleur est fournie par les pigments, mais voilà, ce n’est pas si simple, encore faut-il que ces pigments soient en suspensions dans un liquide ni trop visqueux ni trop fluide et qui sèche en formant un film résistant et non cassant !
Que de contraintes pour nos petits pots ! Mais c’est le rôle du liant.
Bien avant le développement de la chimie moderne, les hommes utilisaient comme liants les produits d’origine alimentaire comme le jaune d’oeuf ! Exit les mayonnaises, gâteaux et autres, car c’est ainsi que le jaune d’oeuf était utilisé pour les premières peintures à la « Tempera », que les protéines du lait, la caséine, ou les gélatines animales, colle de peau, poisson ou os, étaient utilisées pour la fabrication de la détrempe. Mélangée à des pigments et à de la craie, la détrempe recouvrait les murs des maisons du nord de l’Europe et des États-Unis.
Les liants d’origine végétale
Il s’agit de substances extraites de plantes ou d’arbres. Mais leurs utilisations rentraient plus souvent en ligne de compte dans la confection de peintures plutôt réservées à la décoration intérieure et aux meubles.
• Les matières amylacées
Extraites pour certaines des céréales, elles donnent des colles légères telles que l’emploi d’amidon. Les bouillies de farine étaient souvent utilisées dans les pays de montagnes pour cacher les bois trop ordinaires des meubles.
• Les huiles
Elles sont extraites elles aussi de céréales, comme l’huile de lin. Servant de liant depuis l’Antiquité, elle ne fut utilisée que tardivement dans la fabrication des peintures murales, car leur prix était très élevé.
• Les gommes
Ce sont des gommes d’arbres comme celle du cerisier, la gomme arabique, adragante ou laque.
• Les Laques
D’extrême Orient, sortes de résines colorées qui s’écoulent de certains arbustes servaient à la préparation de vernis parfaitement réfléchissants. Cet art de la laque, ou du laque pour designer un objet d’art, eut sa pleine expansion en Chine dès le XIV siècle.
Les liants d’origine synthétique
Couramment utilisées aujourd’hui, fruit de la chimie moderne, elles sont des résines extraites du pétrole.
• Les résines vinyliques et acryliques
En séchant, elles se polymérisent, c’est-à-dire que les molécules qui les constituent s’agglomèrent, ce qui se caractérise visuellement par la formation d’un film très résistant. De plus, bien que ces résines soient solubles dans l’eau, une fois polymérisées, elles ne le sont plus, et deviennent dons résistants à l’eau après séchage.
On les trouve dans les magasins spécialisés sous le nom de liant acrylique ou résine acrylique, Caparol (résine vinylique) et se présentent sous forme visqueuse opalescente.
• Les résines Alkydes
Insolubes dans l’eau, elles sont solubles dans les solvants aromatiques tels que l’essence de térébenthine et le white spirit. Mais disons plus puantique qu’aromatique !
Les Solvants
Le solvant dépend du liant qui a ete choisi. Il faut absolumant qu’il soit soluble dans le solvant et ne sert qu’ a alonger l’ensemble.
Les plus courants :
• L’eau
Utilisée comme solvant lorsque le liant est soluble dans l’eau bien sur, comme pour la peintures à la colle, à la caséine, l’acrylique, vinylique ou à la gomme arabique.
• L’essence de térébenthine
C’est un produit naturel extrait de l’essence pin, employé lorsque le liant est soluble dans l’essence de térébenthine. Utilisable pour la peintures glycérophtaliques à base de résines alkydes et vernis polyuréthanes.
• Le white spirit
Produit de synthèse qui est obtenu lors de la distillation du pétrole. Il est plus siccatif que l’essence de térébenthine, est utilisé comme substitut de cette dernière.
• L’alcool
Utilisé comme solvant de certaines gommes en particulier la gomme laque.
Et pour terminer,
Les pigments
Il s’agit de produits que l’on met en suspension dans le liant. Il sont généralement conditionnes en tubes ou en poudre.
• Les pigments en tubes.
Il s’agit généralement de couleurs universelles et il peuvent être ajoutés à des liants gras ou maigres.
• Les pigments en poudre.
Ils se présentent sous forme de terre ou de sels métalliques comme la terre de Sienne, terre de Sienne calcinée, ocre, terre d’ombre, terre verte, bleu outremer, etc.
Sous ces deux formes, il peuvent être ajoutés à n’importe quel liant. Leurs préparation fera l’objets d’un prochain articles. Lorsqu’on travaille sur les petites surfaces, il est possible de remplacer les pigments par des couleurs fines en tubes pour tableaux comme les gouaches et peintures acryliques. Lorsque le liant est solubles dans l’eau et les peintures à l’huile lorsque le liant est l’huile de lin.
Dans un prochain article, nous parlerons des différents types de peintures et de leurs qualités. Merci à vous et comme je le dit toujours, la bise au chien et la tape dans le dos.














Hello,
Bel article.
Il y a des petites coquilles. On parle d' »empois d’amidon ». Il s’agit d’un condensat d’amidon et d’eau qui sert à raidir le linge d’où le terme « empesé ».
Les résines vinyliques et acryliques ne polymérisent pas. Ce sont déjà des polymères. Elles réticulent, c’est à dire qu’elles forment un réseau moléculaire dense et élastique.
Tu as oublié de dire ce que sont les liants gras et maigres. Et le mot siccatif n’est pas immédiat pour tout le monde.
Désolé d’être un peu abrupt mais un bel article de vulgarisation comme ça doit être pédagogique jusqu’au bout et doit définir les termes du jargon.
Merci de m’avoir lu et, encore une fois, un bel article.
Merci à toi pour ces remarques ;) Je ne saisi pas la remarque sur l’amidon. Pour ce qui concerne les resines Il s’agit effectivement d’une matière formée d’un réseau tridimensionnel de macromolécules qui peut être rigide (par exemple polyester) ou souple (par exemple polyuréthanne), pour faire simpe. Mais il n’est pas faux de parler de polymérisation de la resine comme lors de la phase organique d’une resine matriciel, Initialement, c’est un monomère fluide qui est converti en un polymère rigide par une
réaction d’addition. Les monomères sont prépolymérisés pour former des oligomères, ceci permet l’augmentation des propriétés mécaniques et la diminution du retrait de
polymérisation. Mais merci d’avoir fait heu… preciser une partie de l’article, même si je n’ai pas l’impression d’avoir ete plus clair ! lol
Intéressant tout ça , mais bon étant nul en chimie, je fais confiance aux fabricants pour nous faire de bonnes peintures ^^
« l’emploi d’amidon » dans le texte au lieu « d’empois d’amidon ».
D’accord pour les résines lorsqu’elles sont bicomposants, il s’agit d’une réaction d’addition qui produit un thermodurcissable. Cette réaction est exothermique. Moi, je ne suis pas chimiste mais je suis un ingénieur qui fait des expériences très orientées hobby ;) J’ai déjà fait brûler des récipients en voulant expérimenter des dosages de résine.
Je maintiens ce que je dis sur les peintures acryliques et acrylo-vinyliques. Il s’agit bien de modifications structurelles sans réaction chimique. Le solvant s’évapore et le liant change sa structure vers une position d’équilibre. C’est le même principe qui est à l’oeuvre quand tu mets une solution ionique dans un évaporateur, le solvant se barre et il reste des cristaux.
Salut Reptor, très bel article, un grand travail d’explication et d’organisation.
Je n’aurais jamais imaginé qu’il y ait tout ça dans nos petites couleurs. Ce sera un plaisir de découvrir le prochain papier et les nouvelles reviews. En attendant j’espère que le dragon belphegor trône bien dans la vitrine et qu’il veille à ce que les autres figurines ne soient pas trop dissipés :)