[Montagne] Neiges à Chamonix

Suite des récits du séjour à Chamonix !

Jeudi 6 mars

Le soleil. L’énergie de la neige, de la lumière, des sommets. Parcourir Chamonix, les librairies, le bureau des guides. La montagne est une actualité permanente. Elle fut gravie, vécue, mais elle ne s’ancre jamais dans le passé. Coulées d’avalanche, chutes de pierre, elle est toujours vivante, toujours à la une. Partir vers les Praz, par des sentiers enneigés le long des rivières, esquiver les plaques de verglas. Les montagnes sont un terrain incroyable pour s’amuser. Avancer dans la vallée, voir le massif sous un nouvel angle, observer, découvrir, chercher. Partir pour revenir. Un monde de sensations. L’après midi, direction les massifs plus reculés, un pas en Suisse. De nouveaux horizons se dégagent. Partir dans la neige, s’enfoncer, en harmonie avec les éléments naturels. Le soleil qui se cache, les pieds mouillés, les frissons. Rêver de la chaleur à l’appartement, d’un chocolat chaud. Aimer ce contact avec le monde, cette vie dans l’air et la nature, parce qu’on choisit d’y être.

SAM_0575

DSCN1209

Vendredi 7 mars

Jour de vol. Départ pour la Montgolfière, survoler les chalets et la nature enneigée. Découvrir ces ballons que nous aimons tant voir de loin. Le froid du matin, la chaleur des flammes, puis le ciel. Quitter le sol et se laisser conduire au gré du vent, sans contrôle, sans tension. L’apaisement est total. Le Mont blanc se laisse découvrir par ses faces Sud et Sud-Ouest, les aiguilles imposent leur grandeur insoupçonnée. La montagne est un relief, une immensité, des lieux qui s’explorent avec des sentiments de surprises. Flotter, observer la ville miniature, le monde devenu soudain petit. Se rappeler de la citation d’Etienne : « Le monde ouvre à l’infini. Il ne se laisse pas dominer. Mais la vie intérieure domine le monde ». Ces murailles, ces falaises, ces roches, terres d’aventure et d’imagination, mais aussi goût de l’infini. L’air et le soleil sur le visage, le front qui brûle, l’esprit reposé. Voler, doux voyage et calme aimé.

DSCN1230

SAM_0595

L’après-midi, rejoindre Bionnassay, aperçevoir le refuge du Goûter, proche du Mont Blanc. Partir en forêt. Personne. Les sommets qui accompagnent nos pensées. À nouveau marcher dans la neige : une neige parfaite. Parfois la poudreuse, mais partout, autour de nous, celle qui se forme dans nos mains, qui se laisse créer. Les jambes enfoncées jusqu’aux genoux, parfois jusqu’aux cuisses, et on se roule dans cette neige somptueuse. La souffle qui s’accélère, l’envie de marcher là où personne n’est allé. Bouger en plein air, au paradis.

SAM_0625

SAM_0619

Samedi 8 mars

Dernier jour dans la vallée. Réveil matinal, il faut saisir toutes ses chances. Se vêtir, se chausser, puis les foulées. Quelle fraîcheur, quelle vue. À moi désormais de créer mon propre état. Aller jusqu’aux Praz, sans idée claire, puis s’enfoncer en forêt, jusqu’aux montées. Voir les belles fesses d’un Chevreuil que l’on surprend, poursuivre son ascension. Suivre les panneaux, puis partir au milieu de la pente, voir si les affiches indiquent un risque d’avalanche ou non. Je suis sur une piste de ski, les stations ne sont pas encore ouvertes, et la moitiée du chemin est verglacé. Elle paraît hors d’usage. Je continue la montée, courant sur une neige de plus en plus dure. Derrière moi, l’aiguille verte et les drus. Wahou… Je me sens trop bien. Les jambes, les poumons, sont exaltés par ce lieu. La respiration est plus soutenue avec l’altitude, mais le lieu est tel que les efforts se fournissent dans un état de bien être. Puis l’heure de redescendre. La neige et la glace, le corps qui se balance. Surtout faire attention  à ne pas tomber sur le poignet droit. Je glisse par moments sur les fesses, pour aller plus vite, puis je me redresse, dérape : il faut rester concentré à cent pourcent. La descente est ausis longue que la montée, pleine  de glissades et de jeu avec l’environnement. Il faut avoir confiance en ses pas, pour que tout se passe bien. La descente s’est bien terminée, et on reprend un terrain plat. C’est finalement plus compliqué de courir quand il n’y a pas de relief, parce que les surprises n’arrivent pas, et que le corps reste figé.

SAM_0714

SAM_0699

Il faut rendre les clés du logement, puis profiter de la journée de libre : Monter au Brévent. Paysage incroyable, vue rapprochée du massif, les skieurs ne semblent pas y penser. Une zone ressemble à des nuages moelleux, à de la meringue, c’est un lieu merveilleux. Jamais depuis la vallée, on aurait imaginé qu’une telle couche de neige recouvre ces montagnes. De l’autre côté, des hommes volants s’élancent depuis la falaise, la vie dans les tripes. L’oeil avale ce paysage inlassable, et bientôt il faut quitter ce lieu. La nuit tombe peu à peu, et il faut reprendre la route. Se retourner pendant les premiers kilomètres, pour voir encore les massifs enneigés, qui disparaissent peu à peu dans le noir. La vitesse, la nuit et ses lumières, puis le retour à la maison. Laisser derrière soi les montagnes, mais qu’importe : Maintenant qu’elles sont vues, qu’elles ont imprégnées notre mémoire, elles seront toujours là, même loin, pour nous acompagner dans nos rêves.

cham

SAM_0628

(En perspective : Chamonix en 2013.)

Mots-clés :

À propos de Cyril Tuloup

A lancé le site en février 2011, aime depuis toujours les figurines et les montagnes. Nourri par la Nature, l'art et l'alpinisme, Un monde de petits bonshommes partage les joies de la création et de l'aventure.